Champ-Psy.be

Psychothérapies et relation d’aide en Belgique. Actualités (im)pertinentes !

Méditation pour tous ?

vendredi 22 décembre 2017, par Yves Wauthier-Freymann

Cela fait plusieurs années que la pleine conscience a le vent en poupe. Et effectivement, je constate avoir de plus en plus de patients qui, sous les conseils de tiers de la famille, médecins, psys, du merchandising bien-être, s’adonnent ou s’essaient à cette belle pratique.

Au départ, je pense que tout le monde imagine légitimement qu’en pratiquant une discipline visant au lâcher prise et à vivre le moment présent, nous devrions en sortir plus heureux, mieux centré et moins dans les peurs et traumas du passé ou du futur !

Force est néanmoins de constater que si cette démarche intéressante aide et soulage une partie des pratiquants, une autre partie d’entre eux en ressort parfois plus fragilisée qu’auparavant.
Cela se traduira concrètement par l’apparition de nouveaux mécanismes de défense et d’évitement (de type dissociatif de type 1 (angoisse, anxiété) ou de type 2 (tels que tocs, ruminations mentales, addictions, phobies, comportements excessifs), de banalisation , de justification, de déni…

L’article ci-dessous reprend toute une série d’éléments que je trouve pertinents et que j’aimerais complémenter.
Un des processus en jeu est celui de la reconnaissance de nos parts activées et en souffrance.
Si, comme j’ai pu l’observer ou me l’entendre confirmer, certains formateurs en pleine conscience banalisent et entérinent l’idée qu’effectivement au début de la pratique méditative il est normal de se forcer à cette discipline quotidiennement, un des phénomènes notoires sera que nos parts blessées seront « obligées » et « forcées. Cela signifie qu’elles seront amenées à revivre les situations traumatiques qu’elles ont connues.

Ces parts se sentiront à nouveau impuissantes à dire « non » sous peine d’être celles qui font échouer le mieux être ou la guérison alors que, dans leur réalité psychique, elles seront à nouveau forcées à suivre, à vivre une situation qu’elles ne désirent pas ou qui leur fait peur sans avoir de place pour l’accueil et la reconnaissance de ce que cela leur fait (re)vivre !

Le Lâcher prise inhérent à la méditation peut amener des patients traumatisés à ressentir une des conséquences de la pratique méditative, dont le passage naturel d’un symptôme d’hypervigilance à celui de vigilance, comme étant le signe que nous ne sommes plus attentifs au prédateur et que, dès lors, nous sommes en danger !

C’est un effet que j’appelle « yo-yo » et qui finira par recréer un tel malaise que le système se crispera à nouveau. Cela peut même aboutir à une « retraumatisation » parfois alourdie par les autocritiques et dévalorisations ou accompagnée des critiques de l’environnement du patient qui pense que celui-ci ne fait pas d’effort, etc.

Le patient entrera alors dans un cercle vicieux dont il ne peut sortir qu’affaibli et blessé.

Afin d’éviter ces effets pervers, je demande toujours à mes patients de ne rien forcer, d’accueillir ce qui est là et si il y a une résistance de ne pas la forcer plus d’une à deux minutes sans risquer de la renforcer. Il s’agit d’une simple application du principe jungien de ce à quoi nous nous opposons résiste et ce à quoi nous résistons persiste… Nous obtenons bien l’effet inverse de celui recherché par la démarche méditative.

Je vous propose un article intéressant sur l’usage les effets potentiellement négatifs de la méditation à outrance ou sans préparation idoine.
Bonne lecture !

Extrait :
pour Yasmine Liénard, psychiatre, ancienne chef de clinique et initiatrice des groupes de pleine conscience à l’hôpital Sainte-Anne, aucun protocole n’est inoffensif. Elle explique : « La méditation, c’est apprendre à accueillir sa vulnérabilité, apprivoiser ses émotions et se délivrer de ses souffrances. Du coup, on lâche ses défenses psychiques et cela peut réactiver des traumas, des souvenirs enfouis. Ce n’est pas forcément mauvais, mais c’est un passage délicat. »

LIRE L’ARTICLE


Recevoir notre newsletter